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Eureka : une opportunité stratégique pour les entreprises canadiennes

Le programme Eureka est aujourd’hui reconnu comme le plus vaste réseau mondial dédié à la coopération en recherche et développement (R&D) industrielle. Créé en 1985 par plusieurs pays européens, son objectif initial était clair : stimuler l’innovation technologique en favorisant des projets collaboratifs orientés vers le marché. Contrairement aux programmes purement académiques, Eureka s’est construit autour d’une logique entrepreneuriale, où les entreprises, en particulier les PME, jouent un rôle central dans la conception et la mise en œuvre des projets.

Évolution et structure internationale

Au fil des décennies, Eureka a évolué pour devenir un réseau intergouvernemental regroupant plus de 45 pays membres et associés. Cette structure unique repose sur un principe fondamental : la coopération volontaire entre États pour soutenir des projets transnationaux à fort potentiel commercial. Chaque pays conserve son autonomie en matière de financement, mais s’engage à harmoniser ses processus pour faciliter la collaboration internationale. Cette flexibilité est l’une des forces du programme, permettant d’adapter les mécanismes de soutien aux réalités économiques et industrielles locales.

Caractéristiques des projets Eureka

Les projets Eureka se distinguent par leur orientation marchée et leur dimension collaborative. Pour être admissible, un projet doit impliquer au moins deux partenaires issus de deux pays membres différents, et viser le développement d’un produit, d’un procédé ou d’un service innovant susceptible d’être commercialisé à court ou moyen terme.

L’intégration du Canada dans Eureka

Le Canada a intégré le réseau Eureka en 2012 en tant que membre associé, avant d’obtenir le statut de membre à part entière en juin 2022. Cette évolution marque un engagement fort dans la coopération internationale en R&D et ouvre de nouvelles perspectives pour les entreprises canadiennes. Grâce à cette adhésion, le pays participe activement à la définition des orientations stratégiques du programme et offre à ses acteurs industriels un accès privilégié à des opportunités de co innovation à l’échelle mondiale.

Depuis son entrée dans Eureka, le Canada a soutenu plus de 350 participants, en partenariat avec près de 600 organisations internationales réparties dans 35 pays, pour un volume total estimé à 1,1 milliard de dollars canadiens. Cette dynamique illustre la capacité du programme à générer des collaborations transnationales et à renforcer la compétitivité technologique des entreprises canadiennes. L’influence du Canada s’est encore affirmée en 2024, lorsqu’il a assumé, aux côtés de l’Allemagne, la coprésidence d’Eureka – une première pour un pays non européen. Cette responsabilité stratégique témoigne de la place croissante du Canada dans la gouvernance mondiale de l’innovation.

Le rôle du CNRC et du PARI

Le Conseil national de recherches du Canada (CNRC), via son Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI), agit comme bureau national pour Eureka. Il constitue le point de contact officiel pour les entreprises canadiennes souhaitant s’engager dans des projets collaboratifs internationaux. Son rôle est déterminant : accompagner les innovateurs – PME, grandes entreprises, universités ou centres de recherche – dans la création de consortiums transnationaux, la définition de propositions de valeur compétitives et l’accès aux mécanismes de financement disponibles au Canada et à l’étranger. Au delà du soutien administratif, le CNRC IRAP offre un accompagnement stratégique, favorise le réseautage et veille à ce que les projets s’alignent sur les priorités technologiques nationales.

Instruments et clusters

Le programme s’articule autour de plusieurs instruments, dont les projets individuels, les Globalstars (appels ciblés avec des pays non-membres), et surtout les Clusters Eureka, qui sont des initiatives thématiques regroupant des acteurs autour de secteurs stratégiques tels que l’énergie, le numérique, les télécommunications ou la mobilité. Ces clusters, comme Eurogia2030 pour les technologies bas carbone ou ITEA pour les systèmes logiciels, permettent de structurer des écosystèmes internationaux et d’accélérer la mise sur le marché des innovations.

Exemple : Eurogia2030

Le 30ᵉ appel Eurogia a été officiellement annoncé fin décembre 2025 avec une date limite de dépôt fixée au 30 avril 2026. Ce nouveau cycle s’inscrit dans le cadre du cluster Eureka dédié aux technologies basses émissions de carbone, répondant à un double enjeu : accélérer la transition énergétique mondiale et encourager le développement de solutions innovantes à impact.

Les projets doivent être collaboratifs et transnationaux, impliquant au moins deux entreprises de pays différents. Ils doivent viser la création d’un produit, procédé, service ou norme industrielle contribuant significativement à la décarbonation, tout en présentant un risque technologique réel. Les thématiques acceptées couvrent un large éventail : énergies renouvelables (solaire, éolien, bioénergie, hydrogène, piles à combustible), technologies de stockage, réseaux intelligents, mobilité électrique, ainsi que des outils numériques destinés à l’efficacité énergétique et à la gestion des infrastructures.

Financement au Canada

Au Canada, le financement est offert par le Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI) du CNRC, réservé aux PME, et soumis à l’ensemble des règles du programme, incluant un plafond de contribution fixé à 50 % par projet. Pour être admissible, une entreprise canadienne doit :

  • Être une PME constituée en société et à but lucratif au Canada (500 employés ou moins).
  • Être en activité depuis au moins 12 mois avant la date limite de soumission.
  • Compter au minimum 5 employés à temps plein au Canada (hors contractuels).
  • Développer des produits, services ou procédés technologiques innovants, nouveaux ou améliorés.
  • Posséder une technologie différenciée, pouvant être protégée et compétitive à l’international.
  • Disposer de la capacité financière et opérationnelle pour mener une collaboration internationale et commercialiser les résultats.
  • Viser une croissance importante, notamment par l’expansion sur les marchés mondiaux.

Les grandes entreprises, universités et centres de recherche peuvent également participer, mais uniquement en autofinancement ou en tant que sous-traitants.

Exemples de projets financés

ABGI a accompagné de nombreux projets collaboratifs d’envergure financés dans le cadre du programme Eureka, particulièrement dans le secteur de l’énergie et des technologies bas carbone. Ces projets illustrent la diversité des solutions innovantes soutenues et l’impact stratégique de la coopération internationale. Parmi eux :

  • SEHRENE (stockage d’électricité et de chaleur, 4,3 M€),
  • GOPV (optimisation de systèmes photovoltaïques, 12 M€),
  • HEATERNAL (stockage thermique, 3,5 M€),
  • AEMELIA (hydrogène propre, 3 M€),
  • HVDC‑WISE (architectures de réseaux HVDC, 8,3 M€, dont 6 M€ de subvention),
  • REPROCOVER 0 (Innovation Fund, économie circulaire, 4,1 M€, dont 2,5 M€ de subvention).

Pour chacun de ces projets, notre équipe a piloté les leviers stratégiques essentiels : définir clairement l’ambition technologique et commerciale, structurer le partenariat international, garantir l’alignement avec les exigences des clusters et des guichets nationaux, et construire un récit d’impact solide autour de la décarbonation, de l’intégration industrielle et de la traction marché.

Notre approche vise à maximiser les chances de labellisation et d’obtention de financement tout en minimisant la charge opérationnelle des équipes partenaires, afin d’accélérer la mise sur le marché des solutions innovantes développées dans le cadre d’Eureka et d’Eurogia.

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